Biblio'Brousse

Bobo-Dioulasso, le 22 janvier 2012

Vent d’harmattan et de passation… aux arômes de pastèques

Le temps passe et Biblio’brousse poursuit sa route ! La formation est désormais entièrement assurée par une équipe locale. En réalité cela n’a rien de très étonnant puisque relevant de la volonté originaire affichée de faire de l’association un outil aux mains des jeunes africains pour les jeunes africains.
C’est donc le résultat d’un patient et beau travail d’autonomisation, résultat qu’il faut saluer ainsi que tous ses acteurs.
C’est dans le même esprit que j’ai le plaisir de m’occuper désormais de vous donner des nouvelles du Biblio’Brousse et de ses larges environs, prenant le relais d’Amandine qui vous a tenu informés ces six dernières années.

Pour satisfaire à une tradition aussi vieille que les rapports humains, je m’en vais me présenter :
Hannibal Sanou est mon nom à l’état civil comme à l’état subtil. Je suis entre autres : poète, diseur, critique social, alchimiste, pataphysicien, sorcier, philosophe de la matière, promoteur de mots et multiplicateur de sens, adepte de l’action poétique…voilà ! Les bases sont posées…

Avant de vous parlez un petit peu de mon action à Biblio’Brousse qui dure depuis presque un an, quelques nouvelles administratives de l’association qui a renouvelé son bureau lors de la dernière Assemblée Générale qui s’est tenue le vendredi 18 novembre 2011.
Amandine Largeaud a été reconduite à son poste de Présidente, Sylvain Viaut et Loïc Perez ont été respectivement élu au poste de Secrétaire et de Secrétaire adjoint, et Charly Boutié réélu au poste de Trésorier.
Pour 2012, l’association poursuit les partenariats privilégiés établis avec Vivendi depuis 2008 et ONATEL Burkina qui soutient depuis juin 2011 les activités de Biblio’Brousse et souhaite s’impliquer pleinement pour les années à venir dans la formation informatique des jeunes burkinabés.

Ces deux partenaires et les adhérents de Biblio’Brousse permettent le financement du budget annuel nécessaire à la formation des 1200 élèves formés chaque année et leur engagement dans la durée garantit la pérennité des activités. A la fin de l’année scolaire, une grande manifestation sera organisée avec ces partenaires et les lycées concernés pour la remise des diplômes aux élèves ayant suivi la formation.

Mais revenons à mon implication au sein de l’association; depuis presque un an donc, je participe à la vie du Biblio’Brousse, non pas du côté de l’informatique, mais plutôt du côté de l’écriture. A travers un petit atelier d’écriture et slam (poésie déclamée, enflammée, chuchotée, martelée, hurlée – le choix est vaste – face à un auditoire) j’essaie d’inciter les participants à la pratique de l’écriture, ce formidable moyen d’expression, de partage, de jeu et d’échange. Au bout de cette logique d’extériorisation se trouve le slam. Par cet acte fort, on proclame ce que l’on pense et on l’assume pleinement « sous les feux des projecteurs ».
Tous ne franchiront certes pas ce pas qui mène à la scène artistique professionnelle, mais peu importe, parce que le but est d’abord de se retrouver pour partager et échanger. Pour cela j’évite autant que possible de prendre une attitude de professeur, privilégiant plutôt une méthode participative pour que les rencontres soient animées et afin que tous soient à l’aise.

Je tente de me positionner comme un organisateur, un modérateur et un conseiller plus qu’autre chose. Pendant un atelier slam, parler et écouter sont d’égales valeurs. Je promeus cet esprit : « Pour être écouter, il faut écouter ». Les participants sont tous des jeunes de la même fourchette d’age mais viennent de divers univers. Bien que la plupart soient au Collège ou au Lycée, il y a aussi des sans emploi ou d’autres qui sont déjà dans la vie active. L’atelier est le théâtre d’un métissage qui se fait assez naturellement. Les textes révèlent les personnalités et les destins, et les barrières peu à peu tombent lorsqu’on comprend que l’autre peut nous apprendre de ses expériences.

Je dois ajouter que ces ateliers où je partage ma modeste connaissance et ma grande passion de l’écriture et du slam m’enrichissent indéniablement en tant qu’artiste, en tant qu’animateur et en tant qu’être humain tout simplement. J’attends chaque samedi après-midi comme un gamin attend chaque récréation pour retrouver ses amis, son amoureuse et son terrain de jeu.
Pour en finir avec l’atelier de slam, je tenais à vous informer que le « club » prévoit un spectacle courant 2012 (Mars ?…Wait and see…) pour présenter le travail qui a été fait. D’autres amateurs de poésie pourraient avoir envie nous rejoindre…

Bon ! A part ça, après les grèves des élèves et des professeurs qui ont perturbé le début de l’année scolaire et le lancement des activités du Biblio’Brousse, tout le monde a repris le chemin de l’école et ce n’est pas moins de 560 élèves qui se rendent chaque semaine dans la cour du bus pour suivre l’heure et demi de cours d’informatique qui les rendra autonome avec l’ordinateur d’ici les 4 mois de formation. Et ce malgré le froid et l’harmattan qui se sont installés depuis le mois de décembre.
Vestes, pulls, lunettes de soleil (utilisées en l’occurrence contre les poussières dont les yeux se rempliraient) et crèmes à lèvres sont devenus d’indispensables compagnons. Personnellement, c’est une saison que je maudirai toujours ! Ce vent chaud et sec qui souffle toute la journée et le froid mordant qui sévit dès les premiers signes du crépuscule jusque tard dans la matinée.

Mais ce temps froid et sec, signifie aussi le temps des pastèques ! Rien que ce fruit suffit à me faire oublier ces temps difficiles ! Et je n’ai même pas besoin de les manger pour me sentir bien, le simple fait de les voir amoncelés dans les marchés atténue la rudesse de l’harmattan. Mais croyez-moi je ne me prive pas, lorsque l’occasion se présente, de déguster une bonne tranche de pastèque juteuse et sucrée à outrance. De cette chair d’un rouge suprême coule un élixir plus enivrant que la plus étoilée des nuits de l’année (pardonnez ce péché poétique)…

On peut voir des femmes qui portent sur la tête des tranches de pastèques dans des assiettes. Le « précieux » est garanti de la poussière et des microbes par une coupole de plastique transparent. En cette période, on croise très souvent ces vendeuses avec leurs couronnes démesurées.

Malgré les températures fort dissuasives de ces dernières semaines, Bobo-Dioulasso, centre culturel de première importance, continue de baigner de jour comme de nuit dans une ambiance chaleureuse (plus que nécessaire!). Tous les soirs il y a des spectacles dans divers espaces culturels, et il y a du monde !

Samedi dernier je participais à un spectacle avec d’autres artistes au Samanké, lieu de concert dans un cadre très sympathique fraîchement inauguré, et pas mal de monde avait fait le gros effort de venir y assister malgré le froid perçant. On reparlera probablement dans de prochaines newletters du Samanké, du marigot Houet et du Pont de Moscou (ouais à Bobo !) et d’un tas d’autres choses.

Le but de cette newsletter était donc de me présenter et d’introduire mon travail d’information pour les prochaines newsletters, sur le Biblio’Brousse bien sûr, mais aussi sur ses alentours et la ville qui l’accueille, Bobo-Dioulasso. Ce travail consistera à faire œuvre de journaliste, et ce à travers des « reportages » et des gros plans sur et autour du Biblio’Brousse pour montrer ce qu’il y a d’histoires et d’anecdotes au-delà de la formation et des chiffres. Je n’oublie pas en ce début de nouvelle année de souhaiter de la part de toute l’équipe du Biblio’Brousse nos meilleurs vœux et une Bonne Année 2012 à toutes et à tous !

Je finis en vous donnant des nouvelles du bus, Le bus ! Au moment où j’écris ces lignes, la majestueuse machine multimédia se repose à l’ombre du hangar qui en est partie intégrante. On a vraiment l’impression qu’ils ne pourraient pas être dépareillés. Des élèves attendent l’heure de leur cours. Fati termine son déjeuner…

Classé dans : Médiathèque

Introduire l’ordinateur et les nouvelles technologies comme un rouage de son propre système, comme le préconisait Joseph Ki-Zerbo, permet de donner à tous la possibilité d’accéder à l’information, d’améliorer ses opportunités d’emploi et de s’ouvrir sur le monde.

Le Biblio’Brousse est un bus culturel multimédia proposant depuis 2005 une formation informatique et multimédia aux lycéens et au grand public des villes rurales du Burkina Faso.

A ce jour, plus de 7200 personnes ont été formées par l’association Biblio’Brousse, dont la majorité à moins de 25 ans.

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