Biblio'Brousse

Bobo-Dioulasso, depuis février 2010

Du nomadisme à la sédentarisation

Panoramique

ça y est, le Biblio’Brousse s’est sédentarisé. Fini le nomadisme et son lot de déménagements perpétuels… nous marchons dans les pas de la plupart des associations : un lieu d’accueil fixe, une adresse et même un téléphone fixe (!!). Nous pouvons mettre en place des projets avec le public du Biblio’Brousse que nous ne pouvions envisager jusqu’à présent.

Nous venons de passer ces derniers mois à rendre la cours la plus accueillante possible pour tous. Nous nous appuyons sur les cinq années que nous venons de passer et sur l’expérience que nous avons maintenant de la qualité d’un lieu d’accueil pour les élèves : de l’ombre, de l’eau fraîche à disposition (que nous fournissons dans une grand jarre en terre cuite, autrement dit un canari), un grand tableau pour qu’ils puissent s’exercer en groupe, un lieu le plus ouvert possible sur l’extérieur, des livres en quantité et des ordinateurs facilement accessibles. Inutile de mettre les plus belles dorures si c’est points essentiels ne sont pas disponibles.

Devant la cour

C’est donc ce que nous avons essayé de proposer aux quelques 600 personnes qui passent par le Biblio’Brousse chaque semaine. Le pari semble réussi, les élèves ont plaisir à venir travailler, les professeurs profitent de leur pause pour venir consulter les ouvrages et les cours d’informatique s’enchainent toutes les heures et demi.
L’association est de plus très bien située : il y a plus de trois lycée dans un rayon de 200 mètres, dont le Lycée Ouezzin Coulibaly (le LOC pour les intimes), le plus gros lycée de Bobo avec des effectifs à plus de 100 par classe.
Le Biblio’Brousse a donc mis en place sa pédagogie habituelle auprès des premières de deux lycées : le lycée provincial et le lycée municipal, concernant ainsi presque 400 élèves. Actuellement ces élèves passent leur diplôme (gouttes de sueur, crise d’hypoglycémie et tremblements nerveux sont notre lot quotidien!). Dès la rentrée de septembre, les nouveaux élèves de première (actuellement en seconde) seront formés jusqu’en février, et dès février nous pourrons ouvrir les cours aux autres lycées voisins qui s’impatientent.

Fati et les livresPour les cours du week-end nous avons dû faire face à un facteur lié à notre sédentarisation. Habitués aux listes d’attente de plus 150 personnes lors des passages dans chaque ville et à la simple communication par bouche-à-oreille, les cours du week-end ont mis cette fois-ci plus de temps à se remplir. Après maintes analyses, concertations et consultations : les personnes savent que nous restons longtemps sur Bobo, plus besoin de se précipiter aux inscriptions comme lors des séjours (relativement) courts dans les précédentes villes. Beaucoup attendent donc la rentrée pour venir s’inscrire… avec des promesses de bonnes récoltes, de plus de moyens disponibles, d’une diminution probable du coût de la vie (qui tarde tellement à venir) etc !
Mais tous les cours sont complets maintenant et nous profitons du local pour ouvrir une nouvelle salle de 10 postes pouvant accueillir 20 personnes. En sachant que les ordinateurs du bus ont été passés de 8 à 10, permettant d’accueillir plus d’élèves et de s’adapter aux lourds effectifs.

Une partie de l'équipe

Nous avons recruté une nouvelle formatrice, Marie, qui prendra le relais de Justine dont la mission fini en septembre, et qui pourra, par sa formation d’archiviste, appuyer Fati à la bibliothèque qui a été enrichie et équipée et nous rend assez fier (on peut le dire !). L’équipe s’est également agrandie de Moussa, qui garde la cour la nuit (anecdote : un voleur est venu visiter la cour l’autre soir, surpris par Moussa il est parti en courant, sautant le mur et … oubliant ses chaussures! On les laisse à l’entrée pour l’exemple et pour décourager les prochains). Et Biba, la soeur de Moussa, nettoie la cour de fond en comble le matin avant que les élèves n’arrive.

LeDans la bibliothèque projet Boala avance, « petit à petit l’oiseau fait son nid », il a déjà changé de nom. En effet, nous avons organisé un concours au sein du lycée municipal de Banfora. Ce sont les élèves qui ont donc choisi le nouveau nom du logiciel qui leur est principalement destiné. La langue dioula a été choisie car elle symbolise les échanges, étant une des langues du commercer la plus utilisée en Afrique de l’Ouest (Mali, Côte d’Ivoire…). Le nom retenu est donc Kalanso, qui signifie « maison des savoirs, des apprentissages ».
Nous sommes toujours en partenariat avec l’association EAH qui s’est attelée au développement de la nouvelle plateforme, plus simple, mieux organisée et avec pleins de nouveaux contenus, prenant en compte toutes les remarques formulées par les élèves et les professeurs qui naviguent depuis des mois sur le logiciel Boala-témoin.
Nous nous chargeons de notre côté de tout l’aspect pédagogique. Un groupe de travail composé de professeurs doit commencer dès la fin des cours à créer des contenus pédagogiques, avalisés par un inspecteur, et à mettre en ligne leurs cours en vue de leur intégration dans Kalanso.
Nous recrutons actuellement un formateur spécialisé en développement qui pourra se déplacer dans toutes les provinces pour installer le nouveau logiciel dans les salles informatiques des lycées.

Le rythme bibliobroustique s’est donc mis en place avec une saison des pluies très précoce qui nous occasionne de nombreuses fuites et des coupures de courant infernales (parfois quatre heures chaque jour), qui se sont arrêtées (pas les pluies, les coupures) lorsque nous avons décidé d’investir dans un groupe électrogène (une manipulation des services secrets pour nous forcer à acheter ce dont on avait jusqu’à présent pu se passer ;-).
Bobo-Dioulasso (qui signifie la maison des dioulas et des bobos), est une grande ville agréable, en pleins travaux pour fêter le cinquantenaire de l’indépendance du pays, en décembre prochain.

Sortie de cour

En bonus : des photos prises dans le « nuage ocre », comme le mythique rayon vert, nous voyons cette couleur de ciel durant un jour, chaque année, souvent annonciatrice de la saison des pluies : le ciel prend une teinte sépia qui donnent à nos photos un air « ancien temps », l’air est chargé de particule de sable, et il devient difficile de circuler tellement la visibilité est réduite.*

Nuage orange 1

Nuage orange 2

Classé dans : Médiathèque

Introduire l’ordinateur et les nouvelles technologies comme un rouage de son propre système, comme le préconisait Joseph Ki-Zerbo, permet de donner à tous la possibilité d’accéder à l’information, d’améliorer ses opportunités d’emploi et de s’ouvrir sur le monde.

Le Biblio’Brousse est un bus culturel multimédia proposant depuis 2005 une formation informatique et multimédia aux lycéens et au grand public des villes rurales du Burkina Faso.

A ce jour, plus de 7200 personnes ont été formées par l’association Biblio’Brousse, dont la majorité à moins de 25 ans.

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