Biblio'Brousse

Banfora, pays dioula, d’octobre 2008 à février 2009

Banfora 2008/2009

L’or blanc de Banfora

Banfora, le 10 janvier 2009

banfora001Le Biblio’Brousse vous souhaite tout d’abord ses meilleurs vœux, que l’année 2009 se passe sous le signe de l’engagement, riche en rencontres et en avancées ! Nous souhaitons de tout cœur pouvoir vous retrouver à nos côtés pour une année supplémentaire. Il est temps ensuite de vous donner quelques nouvelles du grand bus blanc, installé depuis le mois d’octobre à Banfora. La rentrée s’est faite en autonomie totale par l’équipe relais, et à part quelques problèmes d’embourbement de notre « petit » véhicule de 17 tonnes, toutes les activités se sont lancées sur de bons rails.

banfora002Comme toujours (et même un peu plus) les élèves et le public sont au rendez-vous ; car Banfora est une très grande ville, la cinquième du pays.

banfora003Heureusement, le bus a trouvé une cour un peu en retrait : « pour être heureux, vivons cachés » ! Le bouche à oreille suffit à nous amener des listes d’attente sans fin ! Sur les 60 000 habitants que compte Banfora, très nombreux sont ceux qui s’intéressent à l’informatique et à la bibliothèque, qui de nouveaux arrivages en enrichissements ponctuels, commence à devenir une des bibliothèques les plus riches du Burkina Faso en romans et documentaires africains.

banfora004Banfora est une ville surprenante, riche en ressources naturelles. Très arrosée pendant la saison des pluies (située à l’ouest du Burkina, à la frontière de la Côte d’Ivoire, la région reçoit en 4 mois ce que le Finistère reçoit en une année !!!), la végétation est abondante, et de nombreuses rivières sillonnent la région. La ville est appelée « le verger du Burkina Faso » et il est vrai que le marché est coloré par tous les fruits que l’on peut trouver : ananas, papaye, avocat… Mais Banfora est surtout marqué par les immenses champs de canne à sucre, cultivés en cercles de cents hectares qui, lorsqu’on les regarde sous Google Earth ou Google Maps (faute d’hélicoptère !), rappellent d’anciens symboles incas. La Société Sucrière Coopérative (SoSuCo) est le deuxième employeur du pays, après l’Etat ( !!), ce qui signifie que plus de la moitié de la population de Banfora travaille pour cette société, anciennement société d’Etat, maintenant privatisée et appartenant à un homme d’affaire saoudien ayant fait deux déplacements sur la ville. banfora005Chaque jour des bus entiers viennent prendre les travailleurs vivant dans Banfora pour les amener dans les champs (s’ils sont coupeurs de canne) ou sur le site de l’usine, à une dizaine de kilomètres de la ville. La ville est donc entourée par ces immenses champs, arrosés en permanence par l’eau des cascades toutes proches. Et à la tombée de la nuit, d’immenses flammes encadrent l’horizon, provenant des champs auxquels on met le feu pour n’avoir à ramasser que les tiges de cannes et ne pas avoir à couper les feuilles qui les entoure. banfora006Banfora vit donc au rythme mystérieux de cet or blanc, sans que personne n’ait le droit de toucher aux cannes : couper des tiges dans un champ est passible de prison, tout au moins d’une amende de 15 euros par tige coupée. Les gardiens des champs, issue de l’ethnie des chasseurs (pour effrayer les gens), racontent que les prisons de Banfora regorgent de voleurs de canne. banfora007Il paraîtrait même que les boîtes de sucre invendues s’entassent dans l’enceinte de l’usine, la Sosuco ne pratiquant pas de prix suffisamment attractifs pour le marché local… la société importerait son sucre de certains pays voisins. Ce qui est sûr c’est que personne à Banfora ne peut souhaiter la fermeture de cette usine qui transformerait la ville en cité fantôme ! La récolte au Burkina a été excellente cette année, grâce à une pluviométrie record, et la rumeur qui grondait n’a pas trouvé l’occasion d’éclater. Les prix des matières premières restent incompréhensiblement hauts, l’essence a également augmenté (pour que l’Etat puisse compenser ce qu’il avait absorbé en fin d’année en maintenant stable le prix de l’essence) mais grâce à ces récoltes inespérées, la jonction est moins difficile que ce que l’on aurait pu craindre. Les problèmes de vie chères sont encore sur les lèvres de tous, mais les esprits sont temporairement apaisés. Les échos de crise économique mondiale résonnent de manière lointaine sans toucher directement le pays…pour le moment.

banfora008 Le Biblio’Brousse, qui agit toujours auprès de la population rurale, a vu cette année son implication reconnue nationalement lors d’une conférence avec le ministre de l’éducation qui a valorisé les actions menées depuis quatre ans auprès de tous les directeurs régionaux de l’enseignement et les proviseurs. Et nous avons toujours besoin de votre soutien financier pour garantir l’autonomie du Biblio’Brousse dans le choix des villes concernées, loin des volontés individuelles et des manœuvres politiques. Le renouvellement des adhésions approche, et nous comptons sur vous cette année encore pour nous soutenir dans les activités menées. En bonus : l’équipe a profité de noël pour faire un peu de tourisme dans la magnifique région de Banfora, au programme : visite des cascades et des dômes de Karfiguéla, pour prendre un peu de hauteur sur la ville !

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Peau neuve

Banfora, le vendredi 13 février 2009

Comme tous les fidèles internautes (qui sont bien souvent de fidèles adhérents également) l’auront constaté : le site Biblio’Brousse a fait peau neuve. Nous souhaitions un site qui soit plus clair, plus riche en informations et dont les contenus (photos, vidéos et écrits) seraient plus accessibles. Bref, un nouveau site. Nous avons donc dit Adieu! à l’ancien site dont la conception datait de 2004 (tout de même !) et auquel nous sommes sentimentalement très attachés (pour les souvenirs qu’il évoque). Nous espérons  que ce nouveau site vous plaira. Je remercie le webmaster pour sa patience et le long travail à distance effectué depuis quelques mois. Bonne visite à tous ! Pour ceux qui attendent des nouvelles du Biblio’Brousse : Le grand bus a quitté Banfora lundi 9 février, direction Kaya, sur la route de Dori. Le samedi, l’équipe a profité pleinement d’une fête de départ endiablée qui a réuni plus de 400 personnes dont les autorités de la ville et les représentants des lycées. Les élèves, presque tous présents, avaient réservé quelques surprises en organisant des spectacles : hip-hop, sketches et défilés de miss traditionnelles. Les rythmes du balafon du groupe Kabako et le coupé-décalé ont permis à tous de se défouler après ces 4 mois de formation intense. Le lundi, le départ du bus ne se fit  sans  un petit incident (habituel) : le pare-brise arrière est allé embrasser d’un peut trop près l’arbre du voisin (sûrement des restes de la soirée du samedi). Mais les réparations sont en cours, et ce n’est pas cela qui arrêtera la détermination de l’équipe (même si sur le moment l’humeur n’était plus à la fête!!). Merci aux adhérents qui ont commencé à renouveller leur confiance à l’association Biblio’Brousse, les cadeaux sont en finalisation  (chez le couturier plus précisément) et profiteront de bagages-amis pour arriver sur la France. Anitché’o ! (merci à tous en dioula, principale langue de Banfora)

Classé dans : Médiathèque

Introduire l’ordinateur et les nouvelles technologies comme un rouage de son propre système, comme le préconisait Joseph Ki-Zerbo, permet de donner à tous la possibilité d’accéder à l’information, d’améliorer ses opportunités d’emploi et de s’ouvrir sur le monde.

Le Biblio’Brousse est un bus culturel multimédia proposant depuis 2005 une formation informatique et multimédia aux lycéens et au grand public des villes rurales du Burkina Faso.

A ce jour, plus de 7200 personnes ont été formées par l’association Biblio’Brousse, dont la majorité à moins de 25 ans.

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