Biblio'Brousse

Zorgho, pays mossi, de février à juin 2007

Zorgho

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Fin d’année mouvementée

Zorgho, le 25 Juillet 2007

Les nouvelles sont cette fois tardives, mais il est vrai que tous les travailleurs bibliobroussiens ont été très occupés en cette fin d’année scolaire ! Pas de nouvelles, bonnes nouvelles : le passage de relais entre les équipes françaises et les équipes burkinabés se passent toujours aussi bien, à la grande satisfaction des élèves de Zorgho ! Qui ont d’ailleurs été très brillants à leur examen, car si l’on devait attribuer une « palme » de la réussite à une ville pour le succès de l’ensemble de ses élèves, Zorgho l’emporterait haut la main, avec 90% de réussite… force est de constater que l’examen Biblio’Brousse est bien moins dur que le baccalauréat (heureusement !!) où seuls 40% des élèves accèdent au sésame.

Comme à l’accoutumée, au départ de chaque ville, le Biblio’Brousse a organisé une fête « d’adieux ». Dans les débuts du projet Biblio’B au Burkina Faso (comme à Dori ou à Pô), cette fête s’organisait dans la cour du Biblio’Brousse : entre le bus et les deux seuls arbres (pour Dori). Les quelques jours précédant « l’événement », toute l’équipe passait ses nuits à confectionner boissons et pop-corn, sans compter le mouton qu’il fallait égorger quelques heures avant. La fête attirait alors l’ensemble du quartier (soit plusieurs centaines de personnes) qui s’ajoutait à la centaine d’invités… et toute les préparations culinaires étaient généralement savamment raflées le soir même par les enfants du quartier, profitant du peu d’attention générale pour savourer la fête, à leur manière !! Evolution des choses oblige (et pour prendre de court les enfants !), le Biblio’Brousse procède maintenant de manière différente : nous louons un bar, plus communément appelé « maquis » (de l’expression « tenir le maquis »), et invitons les élèves (de tous âges) à partager du mouton et des boissons, autour de la musique. C’est bien moins fatiguant à préparer, on ne se fait pas tout chaparder et la fin de soirée se révèle beaucoup plus dansante. A Zorgho, les autorités locales très impliquées dans le projet, nous ont fait l’honneur de se joindre à nous… et le Chef de Zorgho s’est même improvisé DJ pour inaugurer la soirée, pour le plus grand plaisir des invités et de l’équipe Biblio’Brousse, peu habituée à voir un responsable local (qu’il soit français ou burkinabé) « mettre l’ambiance » en toute simplicité et en toute humanité !! Puis il a fallu plier bagages, comme toujours, aidé de beaucoup d’élèves…

Et puisqu’une fin d’année ne serait pas parfaitement réussie sans une panne de bus, nous n’avons pas échappé aux frayeurs des ratés mécaniques qui cette fois-ci ne se sont manifestés que dans Ouagadougou, à quelques centaines de mètres de notre destination finale. Avis du mécanicien (pour les fans de mécanique poids lourd (il doit y en avoir parmi nous !!)) : une courroie de l’alternateur s’est cassée entraînant dans sa chute une mise au rouge de tous les voyants indicateurs de la cabine de pilotage (Houston, nous avons un problème !).

Carnet rose Biblio’Brousse : un bébé arrive, un autre trépigne (nous nous sommes rendus compte trop tard que les bébés s’attrapaient par les moustiques !!!). Chad est né le 11 juin chez Charly et Amandine, et attend impatiemment de faire la connaissance de tous ceux qui l’attendent au Burkina. Ann-Laure et Yoann commenceront à pouponner à partir de la fin novembre et en attendant, profitent de (derniers ?) moments de calme.

Communiqué spécial : Assemblée Générale du 8 septembre 2007

Profitant de la présence d’une grande partie de ses membres en septembre sur la France, le Biblio’Brousse organise une AG exceptionnelle avec expositions photos, projections vidéo, musique… le tout sous chapiteau (au cas où le temps non anticyclonique-des-açores de cet été (on avait oublié à quel point un anticyclone pouvait nous manquer) perdurerait jusqu’en septembre !!). Nous comptons tous sur vous, pour pouvoir discuter du projet Biblio’Brousse autour d’un verre de punch (on essaye d’attirer tout le monde !). L’équipe burkinabé ne pourra pas être parmi nous cette année (les demandes de visa prennent (hélas, mille fois hélas) plus de 6 mois avant d’être éventuellement accordées (ce qui reste rare, même pour des travailleurs)), mais nous espérons de tout cœur que tous pourront participer à l’AG de l’année prochaine.

Vidéo – Visite de la cour :

Et en cadeau pour les vacances, quelques expressions typiquement burkinabé qui seront indispensables à tous ceux qui nous rendront visite dès la rentrée prochaine :

  • Bonne arrivée ! : traditionnel message de bienvenue
  • Je demande la route : à demander avant de quitter votre hôte qui vous doit protection (marque de politesse, à dire de préférence trois fois avant de partir pour de bon). Et pour pouvoir partir, votre hôte doit vous accorder la route.
  • ça fait 2 jours ! : « ça fait un baille », même si cela fait deux heures ou deux ans que vous n’avez pas vu la personne
  • Y a pas le feu : contrairement à l’expression que vous connaissez, cela signifie « y a pas de problème » (également très utilisée)
  • On dit quoi ? : « quoi de neuf ? »
  • En tous cas : « ce que tu viens de dire est vrai »
  • Ou bien ? : burkinabisation du « isn’t it ? » anglais (pour ceux qui pratiquent un peu l’anglais). Exemple : ce poulet est délicieux, ou bien ?
  • Chose et chosiner (sa déclinaison verbale): ces deux mots, très employés, sont durs à définir car ils sont le fourre-tout du français burkinabé, ils se rapprochent le plus de « faire quelque chose » ou de « machin »
  • Se pincer : prendre rendez-vous
  • Se coincer : partager une cigarette
  • Un char : une mobylette (on retrouve cette expression au Canada, mais le char désigne la voiture)
  • Mari-capable : désigne les mobylettes Yamaha qui coûtent assez cher (mais que le mari a pu acheter à son épouse : mon mari est capable !)
  • Tablier : vendeur de cigarettes, bonbons, kleenex…
  • Maquis : lieu où l’on peut boire, manger ou danser. Le maquisard est un pro des maquis.
  • Six mètres : petite rue non goudronnée qui fait 6 mètres de large
  • Prendre le goudron : emprunter la route bitumée
  • Une occasion : un transport gratuit ou ponctuel
  • C’est niak : « c’est super »
  • Se têter : se cogner la tête
  • Centpater : faire les cent pas
  • Torche-moi : « éclaire moi avec la torche »
  • Poulet bicyclette : il y a les cuisses des coureurs du tour de France et il y a celles des poulets du Burkina : les deux font du vélo (puisque les poulets sont généralement transportés par centaines sur les guidons des vélos ou des mobylettes) et ont la cuisse fine (quoique de moins en moins vrai pour les coureurs du Tour de France) (ont-ils pensé à l’EPO pour les poulets ?).
  • Poulet télévisé : poulet rôti dans les rôtissoires (la vitre donne l’impression de regarder la télé)

Cinéma de quartier

Zorgho, le 20 Mai 2007

Le Biblio’Brousse a maintenant pris son rythme de « croisière » à Zorgho (avec la mer en moins !…). Les cours d’informatiques sont tous complets ; le bus est rythmé par le bruit sec des claviers, des double clics, les éclats de rire des élèves, heureux de créer avec l’ordinateur, ou les soupirs angoissés devant l’examen qui approche…

Le mois d’avril a été ponctué par les absences, car la fin de la saison sèche marque aussi le début de la période des funérailles. Les cérémonies se divisent en deux grands moments : l’ensevelissement du corps, qui se fait après la mort du défunt ; et les funérailles en elles mêmes, qui peuvent avoir lieu des années plus tard, toujours aux alentours du mois d’avril, afin que tous les invités puissent être dégagés des activités agricoles.

La cérémonie funéraire a une importance toute particulière puisqu’elle permet au défunt d’accéder au rang d’ancêtre. Il y a donc peu de choses en commun entre nos enterrements et les funérailles burkinabés ; ces cérémonies sont l’occasion de retrouvailles entre familles souvent très éloignées et permettent de célébrer l’accession du mort à un statut social très respecté, fêtes démesurées qui peuvent entraîner des dépenses parfois insoutenables pour la famille.

Le Biblio’Brousse a donc fait avec les retards, les absences, les yeux cernés par les nuits de veillées… et a réussi à passer sans trop d’encombres cette période toute particulière ! Il faut dire que nous étions très encouragés par la motivation de certains élèves qui ont même demandé à ce que la lumière soit maintenue le soir dans la bibliothèque, après fermeture, pour pouvoir réviser leurs cours…

Et pour la première fois, qui n’a rien à voir avec les décès ou la saison sèche, grâce au centre culturel proche (qui nous prête chaises et terrasse), le Biblio’Brousse a pu mettre en place des séances de cinéma hebdomadaire qui réunissent jeunes et vieux. Il faut dire aussi qu’en matière de films, et de culture cinématographique, Zorgho peut être considérée comme une région sinistrée (!!) puisque peu de lieux publics proposent d’ouvrir leurs portes pour des soirées ciné… Contrairement à Gaoua par exemple où un petit cinéma essayait tant bien que mal de proposer des films à l’ensemble des habitants.

Chaque jeudi, séances enfants avec dessins animés ; et toutes les deux semaines, le week-end, séances pour les plus grands, où nous essayons de privilégier à la fois films africains et nouveautés. Et l’air de rien, ces séances cinématographiques demandent du travail, entièrement pris en charge par Kossi (le dernier formateur recruté), puisqu’il faut : visionner le film, le résumer, créer l’affiche et faire le bateleur, le soir venu, pour « appâter » le public ! Il est donc avéré maintenant que le Biblio’Brousse, c’est à la fois ses quatre membres créateurs ; et de plus en plus ses nouveaux formateurs, Matho et Kossi, parfaitement intégrés au système de fonctionnement, et qui prennent à cœur leur rôle pédagogique et social important avec les élèves, et tous les publics qui transitent par le Biblio’Brousse. Leur travail et leur motivation nous ont convaincu et faute de pouvoir pour le moment les rencontrer (peut être lors d’une prochaine Assemblée Générale ??), il nous tenait à cœur de vous les faire entendre.

Fulfuldé, moré, kasséna, lobiri, dioula et moi et moi et moi…

Zorgho le 25 Mars 2007

Déjà quatre villes concernées par le Biblio’Brousse, deux années scolaires de travail… Quatre villes qui veulent aussi dire quatre régions, quatre cultures différentes (du moins quatre cultures majoritaires), des dizaines de langues. On nous demande souvent quelles langues nous parlons ; mais il est très difficile de parler correctement une langue quand nous devons en apprendre une ou deux tous les quatre mois. Nous baragouinons donc : le fulfuldé, le kasséna, le dioula… et bientôt le moré.

Car changer de ville au Burkina c’est comme changer à chaque fois de pays, tant la diversité des cultures rend totalement obsolète la notion de frontières géographiques, qu’elles soient à l’échelle d’une région ou d’un pays. Pour nous maintenant, les seules frontières auxquelles nous nous fions véritablement sont celles définies par la répartition des hommes et de leur culture.

A Dori, nous étions empreints de la culture musulmane et semi-nomade des éleveurs peuls. Nos réveils nocturnes étaient marqués par les appels à la prière, et les troupeaux qui passaient devant la cour du Biblio’Brousse, nous faisant redouter la poussière sablonneuse qu’ils traînaient derrière eux. A Pô, nous nous sommes pliés aux horaires chrétiens des gourounsis. Aux messes du dimanche, du samedi et du vendredi, à ces fameux dimanches arrosés de dolo (alcool de mil aux degrés d’alcool dangereusement incertains) où nous avions du mal à reconnaître les personnes avec lesquelles nous passions la semaine. Et nous avons attendu impatiemment la pluie, comme tout le monde (malgré ce qu’elle nous causait de dégâts), pour que les cultures puissent enfin germer.

A Gaoua, nous avons plus que jamais ressenti l’emprise des féticheurs lobis. Nous avons craint la foudre qui viendrait nous frapper pour nos mauvaises actions, et tendu une oreille anxieuse à la musique troublante des enfants partant pour l’initiation.

Le Biblio’Brousse est maintenant pour quelques mois à Zorgho. En plein pays mossi. Anciens chefs de guerre, dont la langue, le mooré, est devenue nationale. A Zorgho, il faut surtout s’adapter aux règles très strictes de la hiérarchie sociale, pour la plupart implicites, et qui nous sont totalement étrangères. Au grand damne des chantres de la délocalisation  » à la française « , ici seule l’autorité coutumière est écoutée et détient le pouvoir. Le Naaba Sanem (plus respecté que le président de la république) gouverne sans partage, appuyé par le Ouidi Naaba (l’équivalent du ministre).

Le Biblio’Brousse s’est donc installé en plein coeur de Zorgho, à mi-chemin entre les deux lycées. Très satisfaits cette fois de la rapidité des démarches d’installation, car le Naaba Sanem nous a très fortement appuyé : permettant de trouver une maison, un emplacement pour le car, et organisant les rencontres avec les responsables des deux lycées. Et pour une fois, la grande maison qui nous loge et qui abrite la bibliothèque, nous protégera sans problème de la pluie !! Toutefois nous avons très rapidement pris conscience de la caractéristique particulière de cet emplacement : entre le Biblio’Brousse et la bibliothèque passe un chemin menant directement à l’église, très fréquentée surtout en période de carême !!

Les journées (et les nuits) sont donc rythmées par les carillons et les différentes processions qui nous font croire que le Biblio’Brousse n’a jamais été aussi populaire !

Mais comme toujours, à Zorgho comme dans les autres villes, une fois le Biblio’Brousse installé, l’affluence (non religieuse cette fois) ne manque pas et les élèves ont commencé leurs cours qu’ils suivent assidûment. La saison chaude bat son plein et les problèmes de températures commencent à se faire ressentir dans le bus ; nous sommes en plein plateau mossi, une des régions les plus chaudes du Burkina… Et pour une fois cette année nous attendons sereinement la pluie (quoique, chaque ville nous réserve toujours son lot de surprises et d’évènements naturels imprévus…) mais il nous faudra malheureusement patienter encore quelques mois.

Nous tenions à remercier les adhérents qui ont renouvelé massivement leur participation au Biblio’Brousse. Vous semblez apparemment très satisfaits du travail que nous menons, et cela nous motive et encourage les nouveaux formateurs ! Pour les retardataires, le Biblio’Brousse est généreux (!!) et ne compte pas de pénalités de retard !! Vos enveloppes sont attendues avec la plus grande impatience par « l’équipe au sol », qui gère au mieux ce mini cataclysme que représente l’arrivée de plus de 200 lettres et autant de reçus de dons à envoyer ! Sans oublier bien sûr l’envoi du cadeau de cette année : pour les adeptes de bricolage et de la miniaturisation (mais qui décorera à merveille également votre frigo) !

Classé dans : Médiathèque

Introduire l’ordinateur et les nouvelles technologies comme un rouage de son propre système, comme le préconisait Joseph Ki-Zerbo, permet de donner à tous la possibilité d’accéder à l’information, d’améliorer ses opportunités d’emploi et de s’ouvrir sur le monde.

Le Biblio’Brousse est un bus culturel multimédia proposant depuis 2005 une formation informatique et multimédia aux lycéens et au grand public des villes rurales du Burkina Faso.

A ce jour, plus de 7200 personnes ont été formées par l’association Biblio’Brousse, dont la majorité à moins de 25 ans.

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