Biblio'Brousse

Arrivée sur le Burkina Faso, septembre et octobre 2005

Premiers pas du Biblio’Brousse en Afrique !!!

Ouagadougou, le 4 octobre 2005

Et puis très rapidement il a fallu se mettre dans le bain, se frotter aux lourdeurs de l’administration, passer des journées entières sur la mobylette, dans la pollution des moteurs, dans la chaleur suffocante du goudron.

Pendant une semaine nous avons bataillé dur pour pouvoir récupérer le matériel que nous avions fait venir par fret aérien (tout ce qui nous était vraiment indispensable pour débuter la formation). Tous les ordinateurs étaient bloqués dans un entrepôt, et il nous manquait un tampon sur un papier qui nous déclarait ONG pour pouvoir ne serait ce que les voir.

Pendant une semaine nous avons été baladés entre chefs de bureaux, secrétaires, secrétaire général, directeur général, sous chef de bureau et faux douaniers. C’est un soutien inespéré (sous la forme d’un oncle chef douanier) d’un de nos amis burkinabés très investi dans le Biblio’Brousse qui a permis de débloquer une situation qui prenait des allures de serpent se mordant la queue.

Pour conclure cette première semaine mouvementée, un coup de fil inattendu de Lomé nous a appris que le bateau arrivait, avec deux jours d’avance ! Ce qui n’était pas vraiment prévu dans le programme ; nous étions plutôt confrontés aux retards qu’aux avances. Nous avons donc quitté précipitamment Ouaga le samedi 10 septembre direction le Togo.

Les deux jours de traversée du Togo nous ont quelques peu exténués d’autant plus qu’une bonne partie de l’équipe subissait le « bizutage » africain : une bonne bronchite et une bonne trachéite (très certainement dues à nos 6 jours ouagalés en partie passés dans l’épaisse fumée des mobylettes) et quelques crampes de ventre efficaces.

Nous avons rapidement compris que ce que nous venions de vivre pendant une semaine à Ouaga n’était qu’une partie de plaisir comparé à ce qui nous attendait au port.

Heureusement qu’une fois encore une bonne étoile nous a suivi : elle nous a confié entre les mains d’un spécialiste (toulousain!) du  » trafic  » de véhicules entre Sète et Lomé, sans qui je pense nous ne serions pas encore sortis du port (ou de l’auberge !).

Durant plus de 10 jours nous avons goûté à tous les rouages d’un des plus grands ports d’Afrique : le flux incessant de véhicules en provenance de tous les pays d’Europe et d’ailleurs : des voitures françaises, des camionnettes allemandes, d’énormes 4×4 américains… ; les douaniers corrompus qui se servent dans tous les véhicules ; les vols à la tire permanents, les règlements de compte dans les parcs et le sourire reptilien des libanais qui profitent de ce trafic pour blanchir l’argent sale de la mafia mondiale… beau programme !

En tout cas nous avons réussi un beau tour de force : rien ne nous a été volé que ce soit sur le bateau ou sur le port (à part le bouchon du réservoir d’essence !), ce qui au dire de certains spécialistes est plutôt exceptionnel ; et nous avons surtout réussi à ne pas ouvrir le bus.

Entièrement fermé et verrouillé de l’intérieur depuis Toulouse, personne n’a pu se servir dans son contenu et nous ne l’avons ouvert qu’à Ouaga, malgré les pressions de toutes sortes (on nous a même accusé de faire du trafic d’armes, cachées dans le bus (!)).

Après ces dix jours sur Lomé et après être enfin parvenus à sortir le bus des différents parcs de transit, nous avons engagé un chauffeur pour remonter le bus jusqu’au Burkina. La remontée a duré 3 jours, ponctuées par tous les différents péages : la douane, les eaux et forêts (?), la police, la gendarmerie et les « fouilles » (nom donné aux gardiens de barrière qui procèdent normalement à des fouilles méticuleuses des véhicules).

Pendant tous ces kilomètres nous suivions le bus de loin, à deux heures de route, dans une voiture que nous avons achetée sur Lomé. Il aurait été imprudent de voyager avec le chauffeur : pour des questions de budget (les péages seraient soudain devenus encore pus onéreux !) et de sécurité.

Pendant trois jours nous avons donc angoissé loin derrière le Biblio’Brousse : est ce qu’aucun douanier ne l’ouvrira ? Est ce que le chauffeur roulera suffisamment doucement pour ne pas endommager le matériel ? N’y aura-t-il aucun problème technique qui nous retarderait encore ? Loin derrière, mais tellement prêt du but !

Bref : le trajet s’est parfaitement déroulé à part un petit soucis pour nous à la frontière du Togo dû à une grosse imprudence : emportés dans notre élan, nous avons cherché à filmer le bus stationné avant qu’il entre au Burkina Faso. Ce qui bien entendu n’a pas vraiment été du goût du douanier qui nous a surpris.

Frontière = endroit militaire stratégique (éh oui !). Grâce à quelques tours de passe-passe et de subtilisation de cassettes les mains tremblantes, nous en avons été quittes pour deux heures d’interrogatoire et une très grosse frayeur.

Après toutes les difficultés du Togo, l’agressivité des vendeurs de véhicules, le harcèlement permanent des douaniers, le racisme latent (ou non), l’arrivée au Burkina Faso a été un vrai baume sur nos fatigues.

Tous nos amis nous attendaient dans un recoin de l’aéroport, à l’abri des regards indiscrets, là où le bus devait stationner pour son séjour sur Ouaga. L’écarquillement de leurs yeux lorsqu’ils ont enfin vu arriver le Biblio’Brousse, dont ils entendaient parler depuis plusieurs mois et qu’ils attendaient depuis des heures !

Pendant la semaine qui suivit, nous avons passé beaucoup (trop) de temps à trimballer le chargement du bus : stocker la centaine d’ordinateurs dans un endroit, vider le reste du chargement dans un autre endroit, recharger le matériel informatique pour faire visiter le Biblio’Brousse, décharger avant la nuit, avant la pluie, avant lundi. La lassitude a commencé à se faire sentir !

Un évènement nous a redonné le sourire : l’appui sans faille du Ministère de l’Education, pour ne pas que le bus soit immobilisé par la douane pour les mêmes raisons qui nous avaient empêchées de récupérer le premier arrivage de matériel, et pour nous faciliter toutes les démarches. Miraculeusement toutes les portes se sont ouvertes : douaniers récalcitrants soudain souriants, secrétaires aimables ! Et nous avons enfin pu immatriculer le bus aux couleurs du Burkina Faso.

Depuis quelques jours nous bouclons les derniers achats à la fois futiles et indispensables : des plantes en pagaille qui nous donneront de la fraîcheur dans le désert, une belle batterie de cuisine, du bois, une grande réserve d’eau.

Le départ de Ouaga approche ! Au bout du compte nous ne vivons depuis deux mois que de départs en départs : celui du bus pour rejoindre Sète, notre départ de Belberaud pour Paris, le départ du Biblio’Brousse pour Lomé, celui de l’équipe pour Ouaga, puis pour le Togo et maintenant pour Dori. Une des destinations finale.

Si tout va bien, nous devrions être jeudi sur Dori, si la pluie ne nous empêche pas de passer, si aucun problème mécanique ne nous arrête et si nous n’avons pas de rendez-vous qui nous attendent sur la route; de toute façon nous ne sommes pas (plus ?) pressés, nous suivons à la lettre le vieux proverbe africain qui dit que l’on sait toujours quand on part mais jamais quand on arrive !

Nos coordonnées sur le Burkina Faso

  • Adresse : 12 BP 327 Ouagadougou 12
  • Téléphone : 00226 76 55 23 11

Le Biblio’Brousse largue les amarres !

Belberaud, le 1er septembre 2005

L’adresse postale ne change pas puisque nous conservons une boîte aux lettres au siège social : Les Carrières 31450 Belberaud – si vous souhaitez nous joindre sur le Burkina Faso voici notre nouveau numéro de téléphone : 00226 76 55 23 1.

L’adresse Internet reste la même, n’hésitez surtout pas à nous écrire, quelques nouvelles fraîches seront toujours les bienvenues (surtout en plein désert !) : association-bibliobrousse@laposte.net

Allez voir le nouveau site www.bibliobrousse.com qui sera mis en ligne dans une semaine (pour vous le présenter rapidement nous l’avons mis dans sa version en travaux, quelques liens ne seront donc pas disponibles immédiatement, mais Sébastien Maurette, le Web master du Biblio’Brousse travaille quotidiennement à sa construction) : vous y retrouverez des films et des images actualisées du Biblio’Brousse au Burkina Faso, le journal de bord vous permettra de suivre notre progression et par l’intermédiaire du forum vous pourrez dialoguer avec l’ensemble du Biblio’Brousse (élèves et formateurs).

Une partie vous est spécialement dédiée où vous pourrez télécharger les photos en qualité optimale et avoir des nouvelles « exclusives » ; de plus un forum réservé aux adhérents est mis en place, il vous suffira pour vous connecter à cet espace VIP de rentrer votre nom et prénom.

Nous vous donnons avant de partir les dernières nouvelles fraîches du vent de panique qui souffle ici depuis quelques jours.

Samedi 27 août

La préparation de l’inauguration s’est faite grâce à l’aide de dizaines de petites mains qui nous ont permis de mettre en place cette grande soirée. La ferme des Carrières, siège social du Biblio’Brousse, a pris le samedi 27 des allures d’usine au rendement très élevé… un seul souci s’est présenté le matin même : une pluie torrentielle ! Nous avons quand même réussi à trouver le courage pour sortir tôt le matin de dessous nos couettes (le thermomètre ne dépassait pas les 13°, un comble à Toulouse) et de prendre notre parti : nous accueillerions les 120 personnes attendues à l’intérieur, dans la ferme. Finalement vers 15h les nuages ont arrêté de déverser leurs seaux d’eau et nous avons pu mettre en place in extremis le bus dans le champ, positionner les tables et dresser notre cocktail champêtre.
Vers 19h plus de 110 personnes étaient présentes : des adhérents, des partenaires, et aussi des curieux… Plusieurs installations leur ont été présentées : tout d’abord, bien entendu, le Bus (The Biblio’Brousse !!) que nous avions fini d’aménagé la veille au soir et qui ouvrait ses portes dans le champ ; le nouveau site Internet (qui sera mis en ligne d’ici une semaine) était consultable dans la grande salle à manger, au coin du feu ; un petit film de deux minutes qui présentait la préparation du projet était diffusé dans le couloir du poulailler ; et les photos de tous les travaux réalisés pendant ces deux mois sur le bus (que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur) défilaient en boucle dans le fond du bus.
De voir tout ce monde regroupé autour du Biblio’Brousse : les adhérents que nous ne connaissions pas, les familles et les amis venus de loin pour l’occasion, et tous ceux qui nous aident au quotidien, nous a fait très chaud au cœur et mis la larme à l’oeil… le départ approche !

Dimanche 28 août

Pas de « grasse-mat’ » pour l’équipe du Biblio’Brousse et ses engagés volontaires, le bus part pour Sète dans deux jours. Comme la veille, toutes les bonnes volontés ont été embauchées sur le grand chantier Biblio’Brousse. Programme du matin : emballer et conditionner les 80 écrans et les 70 unités centrales. Ce travail nous a demandé plus de 5 heures avec l’aide de 10 personnes, famille et amis. Mais le plus gros restait à faire : barricader le bus, protéger toutes les vitres avec des panneaux de bois (afin de dissuader les éventuels curieux), fixer les soutes et surtout réfléchir au casse-tête du chargement du bus. 22h : après avoir chargé l’avant du bus de l’ensemble des unités centrales, nous constatons un léger problème technique : nous l’avions si bien rempli que la carrosserie touchait la roue ! Réflexions faites nous avons continué à charger le bus mais à l’arrière. 1 heure du matin : le chargement des ordinateurs est terminé, tout le monde rentre chez soi fatigué mais plutôt satisfait de l’efficacité du travail accompli dans la journée… Demain il faudra compléter ce chargement.

Lundi 29 août

Nous n’avons pas le droit à l’erreur aujourd’hui, le bus part demain matin à 7 h direction Sète où nous lui dirons au revoir pour 11 jours de traversée ! L’ensemble de la bibliothèque (1200 ouvrages) a été chargé dans les soutes, les derniers cartons scotchés et les tests de solidité de notre système de protection ont débuté vers 19 heures. Beaucoup d’adhérents viennent voir une dernière fois le Biblio’Brousse avant son départ… et admirer son changement d’allure depuis samedi dernier : un vrai camion de la Brinks… avec du matériel de récup’ !

Voilà où nous en sommes dans le décompte des jours… nous sommes lundi soir et nous nous apprêtons à nous séparer du bus pendant 11 jours en croisant les doigts très très fort pour que nous le récupérions entier à Lomé à la mi-septembre.

Nous, nous préparons nos sacs car notre départ approche aussi… il aura lieu vendredi dans l’après midi.
Mais déjà, avoir fini à temps l’équipement du bus nous enlève un poids de 19 tonnes de sur les épaules…

Classé dans : Médiathèque

Introduire l’ordinateur et les nouvelles technologies comme un rouage de son propre système, comme le préconisait Joseph Ki-Zerbo, permet de donner à tous la possibilité d’accéder à l’information, d’améliorer ses opportunités d’emploi et de s’ouvrir sur le monde.

Le Biblio’Brousse est un bus culturel multimédia proposant depuis 2005 une formation informatique et multimédia aux lycéens et au grand public des villes rurales du Burkina Faso.

A ce jour, plus de 7200 personnes ont été formées par l’association Biblio’Brousse, dont la majorité à moins de 25 ans.

Lire la suite »

Vous devez mettre à jour votre FlashPlayer pour voir les vidéo du site.

Page du film >>

272