Biblio'Brousse

Genèse

Le Pourquoi du Comment

Le développement « clé en tête » et non pas : « clé en main ». Le développement clé en main, ce serait justement l’ordinateur dont on ne comprend pas le cœur, dont on est pas capable de changer le logiciel.

C’est l’appareil à l’état brut : on vous apprend mécaniquement à l’utiliser, mais vous ne l’introduisez pas comme un rouage dans votre propre système. C’est cela le problème capital de l’introduction des technologies de pointes en Afrique.

Joseph Ki-Zerbo, A quand l’Afrique ?

Les Technologies de l’Information et de la Communication sont aujourd’hui considérées comme un luxe pour l’Afrique. Le continent tout entier ne peut être résumé à ses besoins énormes en matière de santé, de nourriture et d’éducation de base. La culture, l’accès aux nouvelles technologies font partis aujourd’hui des atouts indispensables au développement durable d’un pays.

L’accès aux nouvelles technologies, l’apprentissage des méthodes, la démystification des outils techniques, sont un moyen de valoriser la richesse et la diversité de la culture (individuelle et collective). Il faut que cet apprentissage soit ouvert à tous, et surtout à ceux qui n’en ont pas les moyens (financiers, sociaux ou culturels). Les Technologies de l’Information et de la Communication peuvent sembler être un luxe inutile quand on souffre de la faim et de la maladie, mais elles restent néanmoins un outil aujourd’hui indispensable pour permettre aux jeunes générations de s’inscrire dans une dynamique mondiale à la fois culturelle et sociale, vecteur de développement durable.

La Petite Histoire

L’idée du Biblio’Brousse a vue le jour en 2002.

Travail sur le toît du Biblio'BrousseA cette époque, Charly Boutié et Amandine Largeaud réfléchissent au moyen de combiner bibliothèque et multimédia sur le Burkina Faso dans l’idée des bibliobus français.
Suite à plusieurs voyages préparatoires sur le Burkina Faso, Charly et Amandine, confrontent leur projet lors de nombreuses rencontres avec des jeunes, des responsables d’établissements et certains ministères. Ils se rendent compte que la demande en matière de formation à l’informatique est énorme et jusqu’à présent inexistante dans les provinces.
Tous, jeunes comme vieux, souhaitent intégrer le monde, pouvoir échanger, et pensent que cette intégration passe par les nouvelles technologies.

L'intérieur du bus, sans siègesPetit à petit, l’idée se précise et le Biblio’Brousse intègre le principe de formation en informatique et multimédia (formation d’origine de Charly et Amandine), tout en gardant cette itinérance initiale, qui leur paraît indispensable pour concerner le plus grand nombre.
Ils proposent à Ann-Laure Yvin-Leymarie et Yoann Roulin de se joindre au projet et c’est ainsi qu’en février 2004, l’association Biblio’Brousse voit officiellement le jour.
La recherche de financement est alors lancée pour ce projet dont la réalisation coûtera 70 000 euros.

C’est en février 2005, après un financement du Ministère des Affaires Etrangères français et le don d’un bus de 56 places par les Courriers de la Garonne, que les premiers travaux d’aménagement spécifiques du bus commencent ; ils vont durer jusqu’en août.
Charly, Yoann, Ann-Laure et Amandine réalisent tout eux-mêmes, épaulés par de nombreux bénévoles qui apportent leur soutien ou leur aide technique.
Tous les financements sont trouvés en juillet, et le départ du bus entièrement aménagé et chargé de matériel est prévu pour septembre. Il quittera le port de Sète, direction le port de Lomé au Togo.

Le Biblio'Brousse au port de Sète

Fin septembre, l’équipe Biblio’Brousse, qui a quitté la France, récupère le bus à Lomé. Les démarches complexes de dédouanement prendront plus de trois semaines.
Ce sera à la fin du mois d’octobre que le Biblio’Brousse ouvrira pour la première fois ses portes aux élèves de la ville de Dori.

L’objectif initial de l’équipe était de recruter le plus rapidement possible des formateurs burkinabés, jeunes et diplômés comme eux, afin de leur donner l’opportunité de pouvoir travailler sur ce projet.

Ainsi, dès les débuts du Biblio’Brousse à Dori, Fatimata Dicko est recrutée en tant que bibliothécaire et travaille encore à ce jour au sein de l’association en tant que responsable de la bibliothèque. En novembre 2006 – alors que le Biblio’Brousse a déjà concerné les villes de Dori et Pô, et forme les élèves et le grand public de Gaoua – Matho Moninga, technicien réseau, est recruté. Il est aujourd’hui le responsable local de l’association sur le Burkina Faso et forme également les élèves.
Fabrice K’Ponouglo et Modeste Ouédraogo viennent compléter l’équipe. Ils sont tous les deux formateurs, spécialisés l’un en maintenance, l’autre en pédagogie.

Fin 2007, Ann-Laure et Yoann se désimpliquent du terrain.

En 2008, le Biblio’Brousse lance en parallèle de ses activités, le projet Boala, logiciel communautaire pédagogique concernant les lycées du Burkina Faso, de France, du Bénin et du Maroc. La reconnaissance de l’impact du Biblio’Brousse au niveau national, notamment par le Ministère de l’Enseignement Secondaire, lui permet de mettre en place ce projet qui offre aux lycéens de ces différents pays la possibilité d’être interconnectés.

A ce jour : Matho, Fabrice, Modeste et Fati forment l’équipe active du Biblio’Brousse. Charly et Amandine apportent leur contribution par un soutien administratif. Deux gardiens et une femme de ménage viennent compléter l’équipe de Bobo-Dioulasso.

Introduire l’ordinateur et les nouvelles technologies comme un rouage de son propre système, comme le préconisait Joseph Ki-Zerbo, permet de donner à tous la possibilité d’accéder à l’information, d’améliorer ses opportunités d’emploi et de s’ouvrir sur le monde.

Le Biblio’Brousse est un bus culturel multimédia proposant depuis 2005 une formation informatique et multimédia aux lycéens et au grand public des villes rurales du Burkina Faso.

A ce jour, plus de 7200 personnes ont été formées par l’association Biblio’Brousse, dont la majorité à moins de 25 ans.

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